Le Plan d'Épargne Entreprise, ou PEE, est l'un des dispositifs d'épargne salariale les plus utilisés en France. Concrètement, c'est un compte d'épargne collectif, mis en place par une entreprise pour ses salariés, qui permet à chacun de se constituer un capital à moyen terme avec un coup de pouce de l'employeur et une fiscalité très favorable. Si vous dirigez une PME, c'est probablement l'outil le plus efficace pour partager la valeur que vous créez sans alourdir votre masse salariale.
Définition : qu'est-ce qu'un PEE ?
Le PEE est un système d'épargne collective. L'entreprise ouvre un plan auprès d'un teneur de comptes (banque ou société de gestion), définit son règlement, et tous les salariés peuvent y verser des sommes : leurs primes, leur intéressement, leur participation, ou des versements volontaires. L'entreprise peut compléter ces versements par un abondement.
Le PEE n'est pas un compte bancaire classique : les sommes versées sont investies dans des supports financiers (le plus souvent des fonds communs de placement d'entreprise, dits FCPE) ou, dans le cas particulier de l'actionnariat salarié, en titres de l'entreprise.
Comment fonctionne un PEE concrètement ?
Le fonctionnement repose sur trois acteurs :
- L'entreprise rédige le règlement du plan, choisit (avec ses partenaires) la gamme de fonds proposés et fixe les règles d'abondement.
- Le teneur de comptes (banque ou société de gestion) tient les comptes individuels, gère les versements et exécute les ordres.
- Le salarié décide combien il verse, dans quels supports il investit et quand il demande, le cas échéant, un déblocage.
Une fois les sommes versées, elles sont placées sur les supports choisis par le salarié. Elles fructifient (ou peuvent baisser, le placement n'étant pas garanti, sauf pour certains fonds très sécurisés). À l'issue de la période de blocage, le salarié peut récupérer son épargne.
Comment alimenter un PEE ?
Un PEE peut recevoir plusieurs types de versements, qui se cumulent :
- L'intéressement, lorsque l'entreprise en a mis un en place. Le salarié peut décider d'affecter sa prime au PEE : dans ce cas, elle est exonérée d'impôt sur le revenu (dans la limite d'un plafond légal).
- La participation aux résultats, obligatoire à partir de 50 salariés et possible volontairement en deçà.
- Les versements volontaires du salarié, à son rythme, dans la limite de 25 % de sa rémunération annuelle brute.
- L'abondement de l'entreprise, qui vient compléter les versements précédents.
- Le transfert d'un autre plan d'épargne salariale (PEE d'un précédent employeur, par exemple).
L'abondement : le coup de pouce de l'employeur
L'abondement est le levier qui rend le PEE si attractif. C'est un complément que l'entreprise verse en plus des versements du salarié. La règle classique : pour chaque euro versé par le salarié, l'employeur peut ajouter jusqu'à 3 € d'abondement, dans la limite d'un plafond annuel défini par la loi (un pourcentage du plafond annuel de la sécurité sociale).
L'abondement est défini dans le règlement du PEE. Il peut être uniforme, ou modulé en fonction de critères collectifs (tous les salariés, mêmes règles) : par exemple, abonder davantage les premiers euros versés pour encourager l'épargne des salariés à plus faible rémunération.
Blocage et déblocages anticipés
La contrepartie de l'avantage fiscal du PEE, c'est le blocage des sommes pendant 5 ans. Pendant cette période, le salarié ne peut pas retirer son épargne… sauf s'il se trouve dans l'un des cas de déblocage anticipé prévus par la loi.
Les principaux cas de déblocage anticipé sont notamment :
- Mariage ou conclusion d'un PACS
- Naissance ou adoption d'un troisième enfant (et plus)
- Divorce, séparation ou dissolution d'un PACS, avec garde d'au moins un enfant
- Acquisition ou agrandissement de la résidence principale
- Cessation du contrat de travail (démission, licenciement, fin de CDD)
- Création ou reprise d'entreprise
- Surendettement, invalidité ou décès du salarié ou de son conjoint
- Violences conjugales
Cette liste est fixée par le Code du travail et peut évoluer. La demande doit en général être faite dans les 6 mois suivant l'événement (sauf cas particuliers comme l'invalidité, le décès ou la cessation d'activité).
Fiscalité côté entreprise et côté salarié
C'est ici que le PEE se distingue le plus d'une prime classique.
Côté entreprise
- L'abondement est déductible du résultat imposable.
- Il est exonéré de cotisations sociales patronales et salariales (hors CSG/CRDS sur l'abondement).
- Le forfait social sur l'abondement est à 0 % pour les entreprises de moins de 50 salariés, et de 20 % au-delà (avec des taux réduits pour certains versements).
Côté salarié
- L'abondement n'est pas soumis à l'impôt sur le revenu (dans la limite des plafonds légaux).
- Les versements issus de l'intéressement affecté au PEE sont également exonérés d'impôt sur le revenu.
- Les plus-values et revenus produits dans le PEE sont exonérés d'impôt sur le revenu, mais soumis aux prélèvements sociaux à la sortie.
Résultat : pour un même coût employeur, le salarié reçoit nettement plus d'argent net qu'avec une prime traditionnelle, qui passe par les charges et l'impôt sur le revenu.
Comment mettre en place un PEE dans sa PME ?
La mise en place d'un PEE suit globalement quatre étapes :
- Rédiger le règlement du plan : durée, supports proposés, règles d'abondement, modalités d'information des salariés.
- Choisir le teneur de comptes et l'éventuelle société de gestion qui hébergera les fonds.
- Adopter le PEE par accord d'entreprise, par référendum, dans le cadre d'un accord avec le CSE, ou par décision unilatérale de l'employeur (DUE) lorsque les conditions sont remplies.
- Déposer l'accord auprès de la DREETS (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités) pour bénéficier des exonérations sociales.
Une fois le plan en place, l'entreprise informe ses salariés (livret d'épargne salariale, communication dédiée) et déclenche les versements : intéressement, participation, ou simplement abondement sur les versements volontaires.
Questions fréquentes
Le PEE est-il obligatoire ?
Non, le PEE en lui-même n'est pas obligatoire. En revanche, depuis 2025, la Loi Partage de la Valeur impose aux entreprises de 11 à 49 salariés rentables sur trois exercices consécutifs de mettre en place au moins un dispositif de partage de la valeur. Le PEE (avec abondement) est l'un des dispositifs éligibles, aux côtés de l'intéressement, de la participation volontaire, de la prime de partage de la valeur (PPV) et de l'actionnariat salarié.
Un dirigeant peut-il bénéficier du PEE ?
Dans les entreprises de moins de 250 salariés, le chef d'entreprise (et son conjoint collaborateur ou associé) peut bénéficier du PEE au même titre que les salariés. C'est l'un des rares dispositifs d'épargne salariale ouverts au dirigeant.
Que devient le PEE quand un salarié quitte l'entreprise ?
Le salarié conserve son épargne. Il peut la laisser sur le plan (en finançant alors lui-même les frais de tenue de compte, sauf prise en charge prolongée par l'ancien employeur), la transférer vers le PEE de son nouvel employeur, ou demander le déblocage anticipé au titre de la rupture du contrat de travail.
Combien coûte la mise en place d'un PEE ?
En passant par les acteurs traditionnels séparément (avocat, expert-comptable, banque), une PME paie en général entre 3 000 et 6 000 € de frais de mise en place, plus les frais récurrents de tenue de comptes. Notre offre packagée à 2 490 € HT couvre la mise en place complète, la coordination des intervenants et la plateforme de gestion. Voir nos tarifs.
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