Investir (Les Echos, édition Mieux Vivre Votre Argent) a publié début septembre 2026 un article qui pose une bonne question dès son titre : « Actionnariat salarié : jackpot ou fausse bonne idée ? » L'article s'appuie sur le panorama annuel du courtier Eres : 2,4 millions de salariés sont aujourd'hui actionnaires des sociétés du SBF 120 (les 120 plus grandes entreprises cotées sur Euronext Paris), soit plus d'un tiers des effectifs de ces groupes. Montant total souscrit : 4,71 milliards d'euros, un record depuis 2014.

De quoi laisser penser que l'actionnariat salarié est devenu un réflexe partagé. Ce n'est pas le cas — et c'est là que l'article devient vraiment intéressant pour un dirigeant de PME.

Ce que dit la presse financière

L'article cite une étude de la Dares : en 2021, seules 1,5 % des entreprises de dix salariés ou plus ont proposé une opération d'actionnariat salarié, touchant à peine 5 % des effectifs concernés. Et surtout, il révèle un écart de taille qui n'a rien d'anecdotique :

Près d'une entreprise sur cinq de 1 000 salariés ou plus a mis en place un dispositif d'actionnariat salarié — contre moins de 1 % des entreprises de 10 à 49 salariés.

Vingt fois plus fréquent au-dessus de 1 000 salariés qu'en dessous de 50. Ce n'est pas un désintérêt des PME pour le sujet : c'est un accès qui n'existe quasiment pas.

La vraie fracture : la taille de l'entreprise, pas jackpot ou fausse bonne idée

L'article rappelle aussi que certains secteurs pratiquent l'actionnariat salarié depuis longtemps. Marie-Noëlle Auclair, directrice expertise & solutions chez Eres, cite en exemple le BTP : « Le BTP et la construction ont toujours pratiqué l'actionnariat salarié, comme Eiffage ou Vinci avec près de 10 % du capital. » Mais Eiffage et Vinci sont des groupes du CAC 40 — pas le profil de PME que Capitali accompagne.

Le vrai sujet n'est donc pas « faut-il craindre le risque ou espérer le jackpot ? ». C'est : pourquoi un outil qui existe depuis des décennies dans les grands groupes reste-t-il quasi absent des PME ? La réponse tient en un mot : complexité. Monter une opération d'actionnariat salarié suppose historiquement un service juridique interne, un cabinet d'avocats, et le temps de structurer un plan — des ressources qu'une PME de 30 salariés n'a simplement pas.

La croissance en PME est réelle, mais elle vient surtout des fonds LBO

L'article note un vrai progrès du côté des PME non cotées : entre 2015 et 2021, l'actionnariat salarié y est passé de 4 à 9 % des tours de table. Mais il précise aussi d'où vient cette croissance : « On voit fréquemment des deals sous LBO réserver une part du capital à des opérations collectives d'actionnariat salarié », avance Marie-Noëlle Auclair. « Par exemple, un fonds de capital-risque peut garder 90 % des actions d'une société et réserver 7 % des actions à distribuer aux dirigeants et 3 % à l'actionnariat collectif ouvert à tous les salariés. La loi Pacte de 2019 a été un accélérateur. C'est un vrai changement de mentalité. »

Autrement dit : cette progression est largement portée par des fonds d'investissement qui structurent l'opération en même temps qu'un rachat sous LBO — pas par des dirigeants de PME qui décident, de leur propre initiative, de faire entrer deux ou trois salariés clés au capital. C'est précisément ce deuxième cas de figure — le plus courant, le moins équipé — que Capitali cible.

Pourquoi le risque "jackpot ou fausse bonne idée" ne s'applique pas de la même façon à une AGA

Le sous-titre de l'article évoque décote à l'achat, abondement, fiscalité — les leviers classiques d'un plan d'épargne salariale, où le salarié investit son propre argent pour acheter des actions, avec une réduction et un abondement de l'employeur. Dans ce cas, la mise en garde de « fausse bonne idée » est légitime : concentrer son épargne personnelle dans l'entreprise qui vous emploie, c'est cumuler le risque salaire et le risque investissement.

L'attribution gratuite d'actions (AGA) que structure Capitali fonctionne différemment : c'est le dirigeant qui décide de partager une part de son capital, sans que le salarié ne débourse un centime. Pas d'épargne personnelle engagée, donc pas le même risque de concentration financière pour le salarié — la seule chose qu'il peut « perdre », c'est une attribution non encore acquise s'il part avant la fin de la période d'acquisition. La question à se poser n'est donc pas celle d'un épargnant qui investit, mais celle d'un dirigeant qui décide combien de son capital il est prêt à partager avec qui.

Ce qu'il faut retenir

  • L'actionnariat salarié progresse fortement dans les grandes entreprises (2,4 M de salariés actionnaires au SBF 120, 4,71 Md€ souscrits, un record) — mais reste quasi absent des PME : moins de 1 % des entreprises de 10 à 49 salariés en ont un.
  • L'écart n'est pas une question de volonté, mais d'accès : près d'1 grande entreprise sur 5 en a un, contre moins d'1 PME sur 100.
  • La croissance récente en PME non cotées (4 % à 9 % des tours de table entre 2015 et 2021) vient surtout d'opérations structurées par des fonds LBO — pas d'initiatives de dirigeants de PME indépendantes.
  • Une attribution gratuite d'actions n'expose pas le salarié au même risque qu'un plan d'achat d'actions : il ne débourse rien.
Note. Les citations et chiffres de cet article proviennent de l'article « Actionnariat salarié : jackpot ou fausse bonne idée ? » publié par Investir (Les Echos, édition Mieux Vivre Votre Argent, 1er septembre 2026), qui s'appuie lui-même sur le panorama annuel d'Eres et une étude de la Dares (2021). Nous n'avons pas eu accès à l'intégralité de cet article sous abonnement ; les éléments cités correspondent à son introduction, accessible librement. Consultez l'article original pour son analyse complète.
📩 Recevoir cet article et être tenu informé
On vous envoie ce contenu par email, et on vous prévient des prochains articles.
Merci ! Vérifiez votre boîte mail (et vos spams).

Envie de faire partie du 1 % ? Parlons-en.

15 minutes pour regarder votre situation et voir si un plan d'AGA a du sens pour vos profils clés — sans LBO, sans avocat, sans les moyens d'un groupe du CAC 40.

Réserver une démo Voir tous les articles